Chaire de recherche en valorisation des matières résiduelles

Philippe Bourbeau-Allard | 7 novembre 2019


Fondée en 2015 par la volonté de la Ville de Montréal de réduire l’enfouissement de ses déchets, la Chaire de recherche en valorisation des matières résiduelles (CRVMR) a comme objectif de déceler et développer les techniques et les stratégies les plus prometteuses pour réintégrer nos déchets à l’économie.

Lors d’un entretien avec l’équipe, Robert Legros, professeur titulaire de la CRVMR a dressé un portrait de la gestion des déchets à Montréal et a positionné la Chaire comme un centre d’expertise reconnu dans le domaine.

Les défis et les solutions soulevées lors de cette rencontre ont permis de mieux saisir l’importance du service de collecte et de tri des matières résiduelles dans l’économie circulaire en tant qu’infrastructure publique.


Montréal, ville zéro déchet

Montréal a l’ambition d’être une agglomération zéro déchet d’ici 2030 en atteignant un taux de détournement de l’enfouissement de 85%, c’est-à-dire la proportion de matière qui est récupérée et non enfouie. En 2018, 53% des déchets prennent la direction de l’enfouissement. Parmi ceux-ci, seuls 10% sont des résidus non valorisables. Bien que la quantité de matières résiduelles générées a diminué de 8% sur l’île entre 2010 et 2015, les Montréalais demeurent de grands producteurs de déchets avec 465 kg de matières résiduelles générées par habitant par an. L’administration prévoit donc une diminution de 10 kg par an par habitant pour une réduction totale de 15% en 2030 par rapport à 2015. Pour atteindre ces objectifs, la priorité est donnée aux 3RV-E, soit réduire, réutiliser, recycler, valoriser et éliminer. Ces principes sont intimement liés à l’économie circulaire et aux technologies. Pour maximiser les chances de réussites, une approche scientifique est préconisée. C’est ici que la CRVMR entre en jeu. La Ville de Montréal a offert un financement de 1,25 M$ sur cinq ans lors de la création de la Chaire pour se donner les moyens de ses ambitions.


Une chaire au service de ses partenaires

La mission de la CRVMR est de « contribuer au développement de connaissances, de procédés, ainsi que d’outils de modélisation et d’analyse qui permettront à ses partenaires d’orienter leurs futures décisions pour la gestion et la valorisation des matières résiduelles » (Polytechnique Montréal, s.d.). RECYC-QUÉBEC, la Ville de Laval et la Ville de Gatineau se sont maintenant joints à la Ville de Montréal en tant que partenaires. En outre, les outils développés ont le potentiel d’aider toute municipalité en s’attaquant directement au traitement des ordures ménagères. La CRVMR est également associée au CIRAIG, le Centre international de référence sur le cycle de vie des produits et services, dans le but de valider que les solutions proposées sont aussi avantageuses au niveau environnemental qu’économique.


La Chine force Montréal à innover

Récemment, la Chine augmentait ses critères de qualité en ce qui a trait aux matières recyclées, mettant fin à leur exportation. La fermeture du marché chinois aux ballots de matières recyclées canadiennes est un coup dur pour les centres de tri de la métropole montréalaise, qui peinent à vendre leurs ballots et à rentabiliser leurs opérations. Face à cette conjoncture internationale, la Ville de Montréal mise sur de nouvelles infrastructures pour augmenter la qualité du tri des matières résiduelles. Parmi ces ajouts, un nouveau centre de tri muni de trieurs optiques vient d’ouvrir ses portes à Lachine et permettra le rétablissement des exportations vers la Chine et même de créer de nouveaux marchés. De plus, des sites de compostage et une usine de biométhanisation sont en planification afin d’augmenter l’autonomie de la Ville, qui achemine actuellement les résidus de table à Terrebonne.


Références





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