Campus MIL

Mohamed Amine Elforaici | 6 février 2020


Avec une superficie de 239 000 mètres carrés, soit environ 33 terrains de football, le campus MIL se situe au centre de la ville de Montréal, au croisement stratégique entre 4 quartiers. L’idée de ce nouveau campus de l’Université de Montréal vient de la volonté de sortir du campus traditionnel sur la montagne vers un campus plus ouvert sur la ville et sur le monde, qui s’intègre dans un milieu durable, vert et mobile. Les designs intérieur et extérieur répondent à cette vision et facilitent la communication entre différents quartiers.


Maquette du campus MIL / © Menkès Shooner Dagenais Letourneux | Lemay | NFOE Architectes


Sur les 26 départements de la Faculté des arts et des sciences de l’Université de Montréal, quatre des plus lourds ont déménagé au nouveau campus: physique, chimie, sciences biologiques et géographie. D’autres départements, notamment ceux de mathématiques et informatique vont les rejoindre dans les années à venir.

Historiquement, le site se trouve dans l’ancienne gare de triage du Canadien Pacifique, qui croise avec la ligne bleue du métro de Montréal entre les stations Outremont et Acadie. Il s’agissait, lors de sa construction, du plus grand chantier universitaire du Canada et le 4e en importance au niveau du Québec. Depuis l’achat du terrain en 2006, jusqu’à l’inauguration officielle en 2019, plusieurs défis ont été surmontés grâce à des collaborations modèles entre les différents intervenants.

La pierre angulaire du campus MIL, qui vise d’ailleurs la certification LEED-NC OR, est le complexe des sciences qui comporte aujourd’hui deux pôles connectés avec l’extérieur. À l’intérieur, les différents départements sont tous connectés via les espaces communs et les lieux ouverts comme l’agora et l’atrium qui favorisent la rencontre et l’échange entre les étudiants de différentes disciplines.



Au cœur de l’innovation et la technologie

Du point de vue technique, plusieurs technologies ont été adoptées dès la conception du projet, notamment le processus de modélisation des données du bâtiment, couramment appelé BIM pour Building Information Modeling (1). Ce processus novateur se poursuit d’ailleurs à toutes les étapes de la construction, et engendre de nombreuses modifications dans les habitudes de travail de chaque intervenant prenant part à ce projet d’envergure afin de faciliter les collaborations et optimiser les travaux. De plus, afin de réduire la consommation de l’énergie du bâtiment, un grand nombre de décisions ont été prises et plusieurs technologies ont été utilisées. En chiffres, la consommation d’énergie a été réduite de 50% par rapport à la norme ASHRAE 90.1, 2007.


Un quartier durable, vert et mobile

Un élément important ressort des discussions autour du projet, soit la symbiose entre les différents partenaires (citoyens, mairie, organismes communautaires, etc.). En effet, en 2016, le campus MIL a été désigné par la Ville de Montréal comme un Projet phare en développement concrétisant donc la transition socio-écologique des quartiers entourant le site.

Durant la même année, la certification LEED-AQ (2) niveau Or a été octroyée pour la phase 2 du projet (conception).

D’autres exemples de projets qui ont vu le jour sur ce site qui était une fois une gare de triage démontrent cette volonté de la Ville de Montréal de transformer le site en un véritable milieu de vie mixte et durable. En voici ici quelques-uns :

  • La Cour de services d’Outremont, deuxième bâtiment à impact réduit après le complexe des sciences à recevoir la Certification LEED-NC Or.

  • Traces Québec, un projet pilote de traçabilité des sols contaminés à l’aide d’outils technologiques, a été utilisé sur le site.

Du côté de la mobilité durable, plusieurs mesures ont été prises afin de prioriser les déplacements des piétons et des cyclistes sur le site. En effet, des pôles de mobilité sont installés autour du campus (voir la figure ci-dessous). Il s‘agit de points de liaison entre différents moyens de transport actif.


Pôles de mobilité, hors de la rue (à gauche) et sur la rue (à droite) / Ville de Montréal ©2019


Concernant l’aménagement écologique, les efforts ont été concentrés sur le verdissement en utilisant des fosses d’arbres agrandies et structurales dans le de favoriser la croissance rapide des arbres et la communication entre eux. Les rues sur le site répondent aux exigences d’ombrage, c.à.d. présence de l’ombre sur au moins 40 % de la longueur des trottoirs, ce qui réduit les îlots de chaleur et atténue la réverbération de la chaleur surtout l’été.


Garder un oeil sur la transition socio-écologique

Afin d’assurer l’atteinte des cibles collectives, notamment ceux du Plan Montréal durable 2016-2020, des outils de suivi ont été mis en place par la ville. Ces outils comportent essentiellement des indicateurs qui analysent les données collectées sur le terrain sous différentes optiques.


Outil de visualisation des indicateurs de suivi / Ville de Montréal ©2019




(1) Le BIM est une méthode de travail collaborative autour d’une maquette 3D centrale, qui engendre de nombreuses modifications dans les habitudes de travail de chaque intervenant prenant part à un projet de construction et qui façonne de nouvelles relations entre eux. (EBC, 2020)

(2) Ce type de certifications est attribué selon le système d’évaluation LEED (Leadership in Energy and Environmental Design) pour l’aménagement des quartiers. Cette norme du Conseil du bâtiment durable du Canada vise non seulement à protéger l’environnement et à réduire l’étalement urbain, mais également à encourager l’utilisation de transports autres que la voiture.


Références

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