Institut Maurice-Lamontagne

Caroline Bazinet | 4 mars 2020


Ayant accumulé plus de 33 ans d’expérience dans le maritime, l’Institut Maurice-Lamontagne (IML) est l’un des plus importants centres francophones de recherche en sciences de la mer au monde.

Regroupant maintenant plus de 400 employés et chercheurs, les projets de l’IML couvrent un vaste territoire comprenant l’estuaire et le golfe du Saint-Laurent, le fjord du Saguenay ainsi que la Baie et le détroit d’Hudson. Ce pôle du savoir maritime ayant un budget de 37 millions se positionne comme pilier liant la recherche et l’industrie dans ce secteur.

C’est à travers la neige fraîche, alors que nous longions le bord gelé du Saint-Laurent, que nous est apparu l’Institut Maurice-Lamontagne. Fier de ces 25 000 mètres carrés, l’IML nous a ouvert ses portes donnant accès à plus de 70 laboratoires, une salle blanche ainsi qu’une salle des bassins mises à la disposition des équipes de chercheurs en plus d’un atelier des navires. Accueillis par une équipe plus que chaleureuse, nous avons pu en apprendre davantage sur divers institutions et projets qui se dévouent activement au secteur maritime du Canada.

Vue aérienne de l'Institut Maurice-Lamontagne (Pêche Impact, 2016)

La grande famille du Technopole maritime du Québec

En vue de rassembler les divers acteurs présents dans ce secteur économique, le Technopole maritime du Québec (TMQ) voit le jour autour des années 2000. Son objectif est de créer une concentration d’expertise autour de l’innovation dans l’ensemble des secteurs maritimes. Ce regroupement, appelé cluster, aide à l’interaction des technologies de la recherche à l’entreprise en plus d'assurer le rayonnement international des avancées québécoises. Plusieurs collaborateurs d’expertises de recherche gravitent autour du TMQ tels que l’Alliance Verte et MeRLIN, un réseau industriel dédié à l’innovation dans le secteur du transport maritime et du milieu portuaire (Technopole maritime du Québec, 2020).

La haute technologie du Service hydrographique du Canada

On retrouve aussi au sein de l’IML, le Service Hydrographique du Canada (SHC). Cette instance gouvernementale est en charge de cartographier les fonds marins, les courants ainsi que plusieurs autres facteurs essentiels à la sécurité maritime. Face au défi de la mondialisation, le SHC a aussi un objectif de standardisation qui passe par des projets permettant à toutes les régions d’envoyer leurs données sur la même base de données. Dans leurs prochaines missions, il y aurait aussi possibilité d’intégrer l’internet des objets et l’intelligence artificielle (IA) dans leurs technologies. Par exemple, des stations pourraient se parler entre elles pour déterminer s’il y a des anomalies dans les niveaux des eaux. Il s’agit donc d’envoyer les informations dans un nuage (en référence à l’infonuagique) vers les navires, ce qui offre une communication plus rapide.

Le véhicule hydrographique de surface autonome

Muni d’un faisceau balayant le fond des eaux, d’une antenne pour géoréférencer au centimètre près, d’un lidar anti-collision, d’un téléguidage d’une portée de 6 km, ce véhicule est un design de référence très rare dans le monde. Très utile pour balayer les fonds marins, il suscite l’intérêt des manufacturiers qui y voient une possibilité de vente à l’international.

La bouée Viking

Dix de ces bouées sont présentes en eaux canadiennes mesurant divers types de paramètres océanographiques et météorologiques tels que les taux de CO₂ dans l’eau et l’air, le pH, les déplacements et plus encore. En plus de comporter une série de capteurs, les bouées Viking sont munies de panneaux solaires et d’éoliennes qui leur permettent d’être totalement autonomes. Autre fait intéressant en terme d’aide à la faune: elles peuvent enregistrer les poissons étiquetés passant jusqu'à 2 km de rayon.

Le programme World Ocean Watch (WOW)

Ce programme, qui consiste en un microphone qui détecte l’acoustique caractéristique sous-marine, fait partie du Ocean Observation System (OOS). Une de ses activités principales est la détection en temps réel des sons des baleines. Avec leurs cris caractéristiques, le microphone permet de les identifier les unes des autres en détectant les infrasons sur plus de 100 km, soit un très grande distance. Ainsi, le programme permet de protéger les espèces en voie de disparition comme les baleines noires. Le traitement des données se fait par IA et les informations sont rendues publiques sur le portail de l’Observatoire global du Saint-Laurent.

L’atelier des navires

L’atelier répare et entretient plus de 250 navires de plusieurs clients tels que la Garde côtière canadienne, l’Agent des pêches, Pêches et Océans Canada ainsi que de Recherche et Sauvetage Canada. L’équipe se compose de spécialistes en ingénierie navale, en électronique informatique et en gestion des embarcations. Les navires sur le site peuvent aussi être utilisés pour la recherche de l’Institut.


La salle des bassins

Des systèmes complexes y sont installés afin de recréer le mélange d’eau douce et d’eau salée nécessaire à la survie de diverses espèces. L’eau est d’abord pomper du fleuve dans les bassins, puis des salières ajustent les concentrations de salinité. Plusieurs projets d’aquaculture y sont menés comme la quantification de l’impact des fermes de moules sur le taux de plancton dans les eaux. Une autre étude sur la longévité des moules en eaux douces (versus salées) pourrait aussi faire changer les normes et les lois face au défi de la mondialisation.


Références

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